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Le mâle de la semaine : Mon prof


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Mon prof de physique chimie m’aura appris… l’alchimie...

J’avais 14 ans, j’étais en quatrième et même si il m’était arrivé d’avoir un peu chaud devant un clip des Worlds Apart ou en entendant les voisins faire des bruits bizarres dans leur chambre (J’ai bien dit « les voisins » et non « mes parents »… Les parents ne font pas l’amour, c’est bien connu…), je n’avais jamais réellement ressenti d’attirance pour un homme, un vrai, pas un de ces boutonneux à la joue balafré de s’être rasé pour la première fois et les dents surmontées d’un piège à loup  que j’avais dans ma classe. Un homme, beau, et il s’en trouvait présentement un dans la vraie vie et non cette fois dans un épisode de Beverly Hills. Ma première attirance sexuelle, ce fut lui, je ne l’oublierai jamais, Eric Floch’ (Un breton…), prof de physique chimie au collège St Michel de Plouzané dans le Finistère. Je le dis tout fort pour qu’il me retrouve. On ne sait jamais. Et cette fois je le jure, je pourrais disséquer de sang froid la plus mignonne des grenouilles si c’est de nouveau lui qui me le demande.

 

Quand je l’ai vu la première fois, j’ai tout compris : j’ai compris pourquoi Scarlett O’Hara, j’ai compris pourquoi le divorce de mes parents, j’ai compris pourquoi l’amour faisais tourner le monde et comment ça pouvait faire mal. Il était beau comme Vincent Perrot (Car Vincent Perrot était ma référence à l’époque, merci de respecter ce détail…), beau comme un héros d’AB Production. Et j’allais le côtoyer toute une année, le cœur et les mains pleins de ce trop d’émotions que je ne savais pas canaliser. Les hormones ? Peut-être. C’était physique, c’était chimique… De toute évidence cet homme n’avait pas choisi par hasard sa spécialité.  Et j’étais frustrée de ne pas en avoir plus. Mais, au juste, c’était quoi « plus » ?. J’étais loin d’être précoce, à 14 ans je lisais encore Mickey. Alors non, je ne savais pas où ça allait « plus ». Etait-ce ressembler à Rachel dans la série Friends (Dont c’était la première diffusion française cette année là…) et attendre que Ross, le Ross que j’avais choisi, se manifeste et vienne à moi ? Etait-ce patiemment attendre l’happy end comme l’avaient fait avant moi Jane et Serge ou Candy et le petit prince des collines ? Tous ces dessins animés japonais m’avait endoctrinée et, ne sachant que faire, ne sachant comment agir pour avoir « plus », je me contentais de travailler mes cours de physique chimie, d’avoir 20 sur 20 contrôle après contrôle. C’était ma seule arme, mon seule pouvoir de démarquassions. Je n’avais pas encore le maquillage, l’esprit ou la poitrine. D’ailleurs je n’ai toujours pas la poitrine.

 

Première de la classe en chimie pendant toute une année, si le beau Eric Floch’ m’avait suivie jusqu’en fac, j’aurais reçu un prix Nobel depuis longtemps. Et peut-être perdu ma virginité un peu plus tôt… (20 ans… Et vous ?). Il était au centre de toutes nos conversations de fifilles mais ayant épuisé tous ce qu’on en savait, ne sachant plus que dire à son sujet, ne le voyant que trois heures par semaine, nous ne savions plus comment le faire exister dans nos vies de jeunes adolescentes. On le côtoyait vraiment et, pourtant, nous en savions moins sur lui que sur Emma des Spice Girl. Et jamais aucune de mes jeunes copines n’a eu l’audace de dire « Ouais, le prof de physique, il est trop beau ! ». Non, on disait ça de Jason de 3ème B. Concernant notre professeur, c’était tellement plus subtil. Parce que ça nous dépassait, parce que dans le fond, ça nous dérangeait. Alors c’était ça un « homme ». C’était donc ça aimer un Homme ? Ca avait quelque chose d’à la fois grisant et d’angoissant. D’être amoureuse d’une personne qui, le moment venu, saurait quoi faire. Et comment si prendre.


Et pourquoi j’aimais regarder ses mains manipuler les éprouvettes ? Et pourquoi j’avais envie de me serrer contre lui ? Et pourquoi ça me faisait faire des rêves bizarres ? Je n’étais pas la Lolita de Nabokov. Et mon brevet en poche, sans que je n’ai effleuré ne serait-ce qu’une seule fois la main de monsieur Floch’, j’ai quitté le collège et ne l’ai plus jamais revu.  Aujourd’hui, quand je papote avec mes copines et que vient sur le tapis la thématique récurrente de « l’alchimie entre un homme et une femme », je pense : alchimie, chimie, monsieur Floch’…

 

Rédactrice

Christine Berrou

ChristineChristine Berrou est une ancienne journaliste qu’une plume d’avantage humoristique a poussée sur scène en 2007 avec un premier spectacle « Une année avec moi ». Depuis un an, c’est surtout par ses chroniques « sentimentalo-humoristiques » dans le magazine Sensuelle qu’elle se fait connaître, son lectorat appréciant sa sincérité et ses analyses décalées des mœurs masculines. En septembre dernier est né son nouveau one woman show : « La Pin-up du moi », lequel a gagné plusieurs prix dont celui du public au festival OFF « Juste pour rire » à Nantes en avril dernier. Le spectacle se joue encore à Paris, au théâtre « Le Bout », jusqu’en juin et reprendra à la rentrée au « Pranzo ».  Aujourd’hui pour « ousontlesmales.com », l’humoriste et journaliste croque de ses mots ses plus jolies rencontres masculines. Alors, où sont les mâles ? Et bien, il semblerait que quelques uns soient chez Christine Berrou…

 
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