Home Accueil

Chronique d'une JF célibataire - Chapitre 5


Story_5
Je vous disais donc : je drague. Et oui, grande première dans ma vie, moi qui suis aussi à l'aise avec l'art de la séduction orale qu'avec une paire de baguette chinoise, je vais franchir le cap de la peur du ridicule et foncer ... droit dans le mur hum. Comme je n'ai pas envie qu'on me prenne pour une amatrice, j'ai sorti le grand jeu : coiffeur - manucure - esthéticienne...


C'est surtout le prétexte idéal pour me faire chouchouter mais non, nous conviendrons qu'il est mieux pour aller à la chasse à l'homme d'être un brin jolie. C'est donc avec un lissage impeccable, des ongles flamboyants et des jambes très douces, que je me suis plantée devant (ok, dans) mon dressing en me disant ce que nous les filles, savons très bien dire alors que nos placards sont près d'exploser : "Mais j'ai rien à me mettre !". La robe fendue sur le côté ? Trop sexy. L'ensemble tee-shirt jean ? Pas assez. Le pantalon / chemisier ? Trop boulot. Après avoir vidé la quasi totalité de mes étagères, je me suis finalement  décidée pour une marinière, un blazer piqué au boyfriend (il ne me manque que l'homme qui va avec), un slim et une paire de boots cloutées à talons (côté femme fatale oblige). Sobre, décontracté mais pas trop, tendance. La classe pour résumer (non ça va mes chevilles, merci de vous en soucier).

 

Comme je suis téméraire et intrépide, aventurière mais pas trop, j'ai appelé ma copine "Va draguer à la terrasse d'un café " pour quelques conseils. Après s'être payée ma tête pendant 20 minutes à m'imaginer seule entrain d'accoster des mâles, elle a décidé de se la jouer "Solidarité féminine" et elle a tenue à m'accompagner. Même si je la soupçonne de venir pour avoir matière à rigoler pendant des semaines, sa proposition m'a réconforté. Et puis, un avis c'est toujours bon à prendre dans ce genre de situation.

 

C'est ainsi que nous nous sommes retrouvées dès 13 heures en terrasse d'un grand bistrot parisien, lookées à mort, lunettes noires (pour le côté inabordables, on n'est pas des filles faciles, j'suis trop mystérieuse), à détailler chaque homme s'approchant de notre périmètre. Au premier abord, rien de très excitant. Des couples près de nous, des ados, des petits vieux.

 

Elle : "T'inquiètes pas, c'est un quartier d'affaire, dans peu de temps ça va bouger."

 

Effectivement. De l'homme en costard / cravatte on en a vu passer.  Elle a commencé son marché "Pour me montrer", m'a-t-elle dit. En 5 minutes, elle avait déjà accumulé un bon nombre de numéros. Dans ce défilé on a eu droit au beau mec brun aux yeux bleus mais gay, à l'artiste inspiré mais suicidaire, à l'avocat bien sous tout rapport mais marié ...

 

Elle : "T'inquiètes, on va bien finir par en trouver un. C'est pas le choix qui manque."

 

Moi : "Je suis pas certaine. Jusqu'à présent, on a tout faux."

 

A peine ai-je eu le temps d'achever ma phrase que le destin m'a envoyé un signal, du genre brun aux yeux verts.

 

Moi : "Tiens lui qui vient. Il est pas canon ?"

 

Elle : "Le blond genre surfeur ?"

 

Moi : "Non l'autre à côté."

 

Elle : "Le roux ??"

 

Moi : "Mais tu fais exprès ou quoi ? LUI !"

 

Elle : " .... "

 

Moi : "Allez hop, j'y vais c'est décidé ! J'vais tester mon super pouvoir sur lui."

 

Bon, c'était plus facile à dire qu'à faire. Elle a gentiment rigolé et après lui avoir lancé un regard noir (qu'elle n'a pas vu à cause des lunettes ...), je me suis levée pour me diriger vers la table où l'inconnu venait de s'installer. Je me suis rattrapée à une chaise m'étant à moitié tordue la cheville à cause du trottoir pavé mais heureusement, IL n'avait rien vu. Tandis qu'elle rigolait de plus belle, mon beau pas assuré à franchis les quelques centimètres qui nous séparaient.

 

Moi : "Salut ! T'aurais pas du feu par hasard ?" ai-je dit en tentant l'enlevage de lunettes sexy et ratant lamentablement mon effet.

 

Lui : "Oui, tiens."

 

Et c'est là que j'ai eu l'air parfaitement idiote. Ok, c'était une bonne phrase d'approche sauf que ... je ne fume pas. Je me suis mise à farfouiller dans mon sac, faisant semblant de chercher mon invisible paquet de clopes. Du coup, il m'en a proposé une.

 

Moi : "Désolée, je ne supporte pas cette marque."

 

Pauvre cruche, j'allais en plus passer pour une snob.

 

Moi : "Je suis avec une amie, tu es là tout seul ... Ca te dirait de te joindre à nous ?"

 

Tentons le tout pour le tout et attendons le grand vent dans la tronche. Il a jeté un oeil et a accepté. Fière comme un paon, je l'ai ramené et abordant un sourire de triomphe, je me suis assise. Il s'est installé entre nous deux et plus sûre de moi que jamais, j'ai entamé la discussion."Blablabla tu fais quoi dans la vie ? Tu aimes quoi ? Quel style de livres ? Ah tu aimes la peinture ?" J'étais charmée et le courant passait plutôt bien.

Cette fois, je le sentais, la chance était entrain de tourner et bientôt je pourrais m'afficher à ses côtés en disant à tour de bras "C'est mon mec, et ouais." devant l'air abasourdie des copines et collègues au vue de sa beauté et de ses goûts raffinés. J'étais partie dans mes rêvasseries et elles m'avaient donné l'audace de l'inviter. Oui, ce soir, j'allais l'inviter à sortir. Je suis une femme forte et indépendante. Je prends les devants. Au moment où j'allais lui demander, ma copine a reculé sa chaise.

 

Elle : "Bon, je vais vous laisser, j'ai quelques courses à faire."

 

Parfait, j'allais être en tête à tête avec lui, les conditions étaient idéales. IL a tourné la tête vers elle, et tandis que je lui faisais un petit signe de la main et un clin d'oeil complice signifiant "Ouais super t'es géniale comme amie !", je l'ai entendu dire :

 

Lui : "Attends. Tu serais libre ce soir ?"

 

Hein ? Après avoir vérifié que c'était bien à elle qui s'adressait, j'ai senti un coup de massue me tomber sur la tête. Mais pourquoi ? On avait l'air de bien s'entendre pourtant ! Le pire est arrivé quand après quelques mili-secondes d'hésitation elle lui a répondu "Oui". Je me suis levée et je les ai planté là, tous les deux. Au moins, ma sortie aura été digne. Résultat des courses : une tentative plutôt bien démarrée mais lamentablement achevée. Conclusion : c'est pas encore aujourd'hui l'amour de ma vie. La suite au prochain numéro. Moi j'vais me coucher devant un film d'horreur. Je ferais des cauchemars mais au moins je ne penserais pas à leur rendez-vous.





Rédactrice
Jessica  Giovagnoli

JessicaL'écriture, Jessica y est tombée dès son plus jeune âge. Commençant par inventer des tas d'histoires qu'elle enregistrait sur son magnétophone, elle s'est ensuite mise à les rédiger accumulant nombre de nouvelles. Adolescente, elle s'essaye à la musique et compose une centaine de textes. Parallèlement, elle démarche les magazines et devient pigiste à 16 ans pour un magazine musical. Quelques années plus tard, elle co-fonde un e-zine et y fait ses débuts en tant que rédactrice. Mais c'est à 22 ans que les choses évoluent puisqu'elle franchit un grand pas en se lançant dans l'écriture de son premier roman intitulé "About a Girl" dont elle choisit de publier chaque semaine une page sur son blog. Aujourd'hui, elle recherche un éditeur qui lui permettrait de voir son projet se concrétiser.
http://about-a-girl.over-blog.com

 

 

 
cv
Casting
NewsLetter


Recevoir du HTML?


Copyright 2009 oustonlesmales.com. Tous droits réservés. Powered by Tymate. Design by Krealiz